Monthly Archives: octobre 2012

Les 400 ans : le palmarès de la dictée !

Le palmarès de la dictée des « anciens » est sorti !

Cliquez ici ou sur l’image ci-contre pour afficher les résultats définitifs de la dictée « anciens ».

A quand les résultats des élèves ?
Un peu de patience encore…

 

LE TEXTE DE LA DICTÉE

La rentrée.

Je vais vous dire ce que me rappellent tous les ans, le ciel agité de l’automne, les premiers dîners à la lampe et les feuilles qui jaunissent dans les arbres qui frissonnent : je vais vous dire ce que je vois lorsque je traverse le Luxembourg dans les premiers jours d’octobre, alors qu’il est un peu triste et plus beau que jamais ; car c’est le temps où les feuilles tombent une à une sur les blanches épaules des statues.

Ce que je vois alors dans ce jardin, c’est un petit bonhomme qui, les mains dans les poches et sa gibecière au dos, s’en va au collège en sautillant comme un moineau.

Il y a vingt-cinq ans, à pareille époque, il traversait, avant huit heures, ce beau jardin pour aller en classe. Il avait le cœur un peu serré : c’était  la rentrée.

—————(fin du texte proposé à tous les élèves du lycée et du collège)—————-

Pourtant, il trottait, ses livres sur son dos, et sa toupie dans sa poche. L’idée de revoir ses camarades lui remettait de la joie au cœur, il avait tant de choses à dire et à entendre !

Ne lui fallait-il pas savoir si Laboriette avait chassé pour de bon dans la forêt de l’Aigle ? Ne lui fallait-il pas répondre qu’il avait, lui, monté à cheval dans les montagnes d’Auvergne ? Quand on fait pareille chose, ce n’est pas pour la tenir cachée. Et puis c’est si bon de retrouver ses camarades !

Combien il lui tardait de revoir Fontanet, son ami, qui se moquait si gentiment de lui, Fontanet qui, pas plus gros qu’un rat et plus ingénieux qu’Ulysse, prenait partout la première place avec une grâce naturelle !

C’est ainsi qu’il traversait le Luxembourg dans l’air frais du matin. Tout ce qu’il voyait alors, je le vois aujourd’hui.

C’est le même ciel et la même terre, les choses ont leur âme d’autrefois, leur âme qui m’égaye et m’attriste ; et me trouble ; lui seul n’est plus.

C’est pourquoi à mesure que je vieillis, je m’intéresse de plus en plus à la rentrée des classes.

Anatole France