Monthly Archives: mars 2013

Un concours au lycée ?

Chers lycéens,
Les élèves de Littérature et Société de 2nde4  vous proposent un concours d’écriture et de dessin. Vous trouverez, ci-dessous, tous les renseignements pour participer à ce concours. Il y aura trois gagnants dans chaque catégorie.
Pensez à remettre vos travaux avant le 19 mars 2013, à 15h, à la vie scolaire.

Bonne participation et à bientôt.
LitSo

 

Le forum bioéthique 2013 comme si vous y étiez !

Le 31 janvier dernier, les élèves de Terminale L, S2 et STG se sont rendus au Forum de Bioéthique de Strasbourg. Voici quelques extraits des conférences auxquelles les élèves ont assisté…


La chirurgie esthétique – Forum de Bioéthique2013

La quatrième et dernière conférence de la journée portait sur la chirurgie esthétique, et confrontait les points de vue de psychologues et de praticiens. Nous allons résumer les principaux points qui ont été abordés pendant ces deux heures de conférence.

La chirurgie plastique est prise en charge par la Sécurité sociale lorsqu’elle est reconstructrice et non pas lorsqu’elle relève de l’embellissement. On peut d’emblée se demander alors pourquoi la chirurgie esthétique n’est pas reconnue comme légitime.
Pourtant, la chirurgie esthétique répare l’image dévalorisée que l’on peut avoir de soi, et supprimer un défaut qui rend notre vie difficile ne mène-t-il pas au bien-être ? Ce bénéfice thérapeuthique doit être pris en compte.

La chirurgie reconstructrice concerne les accidents qui ont abîmés le corps, ou les malformations, car elle est apparue avec les gueules cassées de la Première Guerre mondiale, tandis que la chirurgie esthétique vise à la lutte contre le vieillissement et au confort personnel. Les mêmes techniques chirurgicales sont utilisées pour les deux ; la différence est faite en ce qui concerne la nature du problème. Prenons pour exemple deux personnes qui ont un nez semblable, mais dont l’un est déformé à la suite d’un accident, et l’autre est dû à la génétique : la chirurgie sera remboursée seulement dans le cas de l’accident. Pourtant le nez est le même, mais l’accident rend la chirurgie plus justifiable.

Au cours de la conférence, un des intervenants a qualifié la chirurgie esthétique de SAV qui réparerait les erreurs de la nature lorsque l’on est déçu de son lot. Il souligne que les praticiens ont tendance à chercher à se justifier de la chirurgie esthétique, car ce ne sont pas des malades que l’on traite, et elle n’est pas complètement rentrée dans les mœurs, beaucoup d’idées reçues circulent encore à ce sujet.

Un autre intervenant a posé la question de l’identité : se reconnaît-on encore après une opération de chirurgie esthétique ? On peut se sentir soulagé, mais également étranger à son propre corps, car il a changé et nous devons nous réhabituer à lui. C’est notre relation à notre corps qui s’en trouve changée, car ce que je vois dans le miroir est différent de comment je me vois, comment je pense être. De plus, l’interdépendance du corps et de l’âme nous empêche peut-être de modifier le corps à notre guise ; car sommes-nous propriétaires, ou simples locataires de notre corps ? Cet aspect de la conférence nous a d’ailleurs été utile pour le bac blanc, car un des sujets de dissertation proposé en L était « Avons-nous un corps ? », et du fait d’avoir assisté aux conférences nous avions déjà plusieurs éléments de réponse.

Un autre problème soulevé par un des intervenants est celui de la modification de l’héritage familial ; en effet, nos caractéristiques physiques sont d’abord inscrites dans nos gènes, et c’est ce patrimoine que l’on efface avec la chirurgie esthétique.

Mais ce sont également les raisons qui motivent les gens à subir une opération qui sont à questionner. En effet, la société exerce une pression non négligeable sur l’image du corps ; cette société du paraître nous impose des critères de beauté, par exemple à travers la publicité ou les films, dans lesquels on nous montre des corps « parfaits », auxquels nous nous sentons forcés de ressembler sous peine d’être rejeté ou de n’être pas aimé. Le vieillissement est considéré comme un défaut réparable, alors qu’il fait pourtant partie de notre lot en tant qu’êtres humains. Mais la source de ces problèmes n’est pas la chirurgie esthétique, elle est une des conséquences.

Mais d’où provient cette norme physique, et en vertu de quoi jugeons-nous du corps de l’autre, alors que nous ne choisissons pas ce corps qui est le nôtre ?
Murielle MORIN